ESCAPADE EN PAYS CATHARE

Huggy Home Exprimez vous !

 

Je vous propose un circuit  sur deux jours pour visiter quelques chateaux cathares et découvrir des sites exceptionnels où le poids de l'histoire et la beauté des paysages ne vous laisseront pas indifférents.

 

……………..Premier Jour…………………

L’ABBAYE DE FONTFROIDE  XIe-XIVe

Depuis l'autoroute A9, sortie 39 Narbonne Sud (indiqué), depuis A61 sortir à Lézignan-Corbières.

A 12 Km Sud-Ouest de Narbonne, au cœur du Narbonnais entre Narbonne et Lézignan-Corbières. Accès par Narbonne, D613

Visite d'une heure

Renseignements utiles

Juillet/Août 9h30-18h  - Avril/Mai/Juin/Sept./Oct. 10h-12h15 et 13h45-17h30 - Nov./Déc./Janv./Fév./Mars 10h-12h et 14h-16h

La visite commence dans la cour d'honneur puis le réfectoire, la cour Louis XIV, le cloître, l'église, la salle capitulaire, le dortoir, le cellier.

Un seul conseil : ne pas arriver trop tard car les visites sont guidées et le nombre est limité dans la matinée.  Il faut compter environ 1h30 de visite avec un guide très compétant.

Tarifs :   Individuels : 6,75€  Enfants 7-15 ans 3€  Etudiants 16-25 ans 5€  En groupe (20) 5,50€

Renseignements 04.68.45.11.08  Fax : 04.68.45.18.31

Magnifique librairie à l'accueil sur les cathares, les abbayes, les châteaux. Accueil très sympathique. Paiement par CB accepté. Parking gratuit à l'entrée, vaste et bien ombragé.

Descriptif

L'abbaye de Fontfroide, d'abord bénédictine puis cistercienne,fut fondée au XIème siècle dans un lieu solitaire. Nichée au milieu des cyprès, aux belles tonalités ocre et rose du grès des corbières, elle crée au soleil couchant une atmosphère de sérénité. Elle s'affilie à l'ordre de Cîteaux au milieu du XIIe (1145) et connaît un rayonnement important. Le légat du pape Pierre de Castelnau dont l'assassinat en 1208 fut à l'origine de la croisade contre le albigeois y fut nommé archidiacre en 1197. Durant la croisade, elle s'affirme comme le bastion de l'orthodoxie catholique face au catharisme qu'elle combat activement et accroît ses possessions par confiscation des biens aux cathares. Un de ses abbés fut élu pape sous le nom de Benoît XII (1334-1342). A partir du XIVe son déclin s'amorce, en 1791 elle est mise en adjudication. Le renouveau commence au XIXe En 1908 on restaure les bâtiments pour la plupart construit aux XII et XIIIe.

On ne manquera pas d’admirer le cloitre qui date du XIII siécle et qui se trouve dans état de conservation exceptionnel.

L'abbaye est propriété privée depuis 1908. La roseraie contient plus de 3000 rosiers.

(pas trop top la roseraie par manque d’entretien )

LE CHÂTEAU DE QUERIBUS XIIe-XIVe (AUDE)

 

Accès : à partir de Fontfroide prendre la D613 ensuite la D611 (Thezan des corbières) poursuivre cette départemental  jusqu'à Tuchan. Là prendre la direction Cucugnan , prendre ensuite la D613

Description

Le château, bâti sur un impressionnant piton rocheux (728m), est le dernier îlot de résistance de la croisade contre les Albigeois (1255). Avec son donjon polygonal de deux étages, la salle inférieure et la haute salle gothique voûtée d'ogives retombant sur un puissant pilier circulaire excentré s'épanouissant en "palmier", ses fortifications en chicanes (intenables par grand vent) et ses escaliers suspendus, la forteresse semble prolonger le rocher sur lequel elle se perche. Comme des tours sarrasines surveillant l'horizon. Quéribus constitue, avec Puilaurens, Peyrepertuse et Aguilar, des sites frontières de défense de la frontière franco-aragonaise

The Château est l’un des plus petit en taille mais il a un coté magique indéniable.

La vue est absolument splendide et par jour de grand vent c’est carrément le délire ! ! !

Renseignements

04.68.45.03.69

Visite

Château, Visite d'une heure, la tour logis du sud-est et le donjon carré central

Horaires

Château  Avril/Oct. 10h-18h  Mai/Juin/Sept. 10h-19h  Juil./Août 9h-20h

Fév./Mars/Nov./Déc. 10h-18h

 Tarif : 3-4 euros

LE CHÂTEAU DE PEYREPERTUSE (AUDE)

Accès : le château est situé sur la D14 sur la commune de Duilhac-sous-Peyrepertuse

Description

C’est un château qui se mérite. On arrive en fin de journée pour effectuer sa visite et le chemin qui mène au sommet est relativement long . Le jour commence à décliner et la morsure du  vent se fait sentir.

Votre peine sera largement récompensée une fois arrivé au sommet car la vue est vertigineuse. On a davantage la sensation d’être à la barre d’un bateau qui va s’échouer sur des nuages flamboyants d’une fin de journée que dans un château du Moyen âge.   L’histoire est pourtant  là palpable, on pourrait presque entendre le cliquetis des armes lorsqu’on gravit les marches usées par les pas et les ans.

Niché sur un éperon rocheux, avec son donjon et sa double enceinte (2,5 Km de rempart), Peyrepertuse qui signifie pierre percée, domine le village de Rouffiac-des-Corbières et constitue l'un des ensembles les plus aboutis de l'architecture médiévale. La vue porte sur les Corbières et le Fenouillèdes, jusqu'à la mer. Lorsqu'il arrive au col de Grès (GR 36 accès direct au château mais pente forte), le promeneur est saisi par l'étrave d'un navire échoué au milieu des rocs. Peyrepertuse appartient à la lignée des "cinq fils de Carcassonne". Dans les enceintes deux forteresses, le vieux donjon du XIème et le château de San-Jordy, l'église Ste-Marie, l'escalier St-Louis dans le roc, et de nombreuses maisons édifiées sous l’autorité de roi de France, après 1250. Peyrepertuse n’a que peu souffert de la croisade contre les albigeois, son seigneur Guilhem de Peyrepertuse s'étant soumis à Simon de Monfort devenu duc de Narbonne en 1217. La citadelle ne sera jamais assiégée au cours des années qui suivent son rattachement au royaume de France et malgré le traité des Pyrénées de 1659 qui repousse la frontière, Peyrepertuse continuera d'abriter une garnison jusqu'à la révolution de 1789.

Visite

Le château bas, est le château féodal et occupe le promontoire effilé en proue. La cour basse qui épouse l'éperon triangulaire est bordée du donjon vieux qui fut complété par une chapelle fortifiée. Une enceinte médiane permet d'accéder au château St-Georges, forteresse royale, doté d'un imposant escalier taillé dans le roc.

Ici enceinte basse et éperon rocheux et sur la droite le logis avec ses aménagements éviers, latrines et poternes). Le château comporte deux enceintes et enserre dans ses remparts plus d'un hectare de bâtiments en ruine, logis, chapelles (Sant-Jordi-St-Georges en langue d'Oc, Ste marie édifice roman voûté en cul de four) et salles de garnison.

Visite du château

Château de Peyrepertuse tél. 04 68 45 03 26

juil.-août de 9h à 20h  mai, juin, sept. 10h-19h  autres mois 10h-18h  fermé en janvier

entrée 3 euros environ

Se munir de bonnes chaussures

……………..Deuxième Jour…………………

LE CHÂTEAU DE PUILAURENS (XI-XIIIe) (AUDE)

Accès : reprendre la D117 en direction de Quillan

Effectuer la visite le matin pas trop tard si vous désirez bénéficier de l’ambiance de ce château qui a gardé ses murs d’enceintes et certaines constructions centrales en très bons états. A la montée vous pouvez observer le système de défense  ainsi que la série de portes qui permettait de garder l’entrée du château. Impressionnant !

Double enceinte crénelée au sommet d'un site forestier sur les contreforts des Pyrénées, le château est tombé entre les mains du roi de France en 1250 et fortifié. Site vertigineux, accès en chicane, panorama sur la vallée de la Boulzane et les villages. La courtine est un mur de rempart joignant deux bastions voisins.

Description

Depuis son piédestal haut de 697 mètres, la forteresse de Lapradelle-Puilaurens verrouillait l'une des portes du Fenouillèdes, à la limite de la Catalogne et du Languedoc. Durant la croisade contre les albigeois elle accueillit de nombreuses personnalités cathares mais ne tomba jamais entre les mains de Simon de Montfort. Guillaume de Peyrepetusse y aurait même séjourné. Il s'agit d'un donjon modifié et agrandi du XIe au XIIIe siècle, entouré par une enceinte crénelée à quatre tours. On atteint la porte principale par une rampe coupée de chicanes pour déboucher dans une sorte de réduit percé de meurtrières obliques convergeant vers l'entrée. La cour est entourée de courtines crénelées où court le chemin de ronde. En retournant vers l'entrée on accède à l'enceinte du donjon ou subsiste les vestiges du donjon carré, la tour dite Dame Blanche et des mâchicoulis aménagés dans la courtine. Du château fortifié par Saint-Louis qui hébergea une garnison on retrouve la trace des magasins et des habitations. Puilaurens est l’image la plus accomplie de ces nids d’aigles, impressionnants par leur puissance défensive et beaux par leur équilibre architectural.

Renseignements

Musée 04.68.69.82.87

château 04.68.69.84.77

Visite: visite d'une heure qui commence par un sentier botanique

Horaires Oct. 10h-17h  Avril/Mai/Juin/Sept. 10h-18h  Juil./Août 9h-20h

Fév./Mars/Nov./Déc. w-end et vacances 10h-17h  Janvier fermeture

Tarif : 3,5 euros

 

LE CHÂTEAU D'ARQUES (AUDE)

 

Tour logis à gauche, et donjon à droite, un des plus beaux de France, en grès doré, 13 mètres sur 12,50, 21 mètres de hauteur avec quatre niveaux dont les deux du bas sont voûtés d'ogives. Sur chaque face deux archères à étrier au rez-de-chaussée et quatre autres archères à bêché (élargies à la base) aux étages. Sur chacune des tourelles s'ouvrent cinq archères à bêché. Le donjon est un chef d'oeuvre d'art gothique.

Accès : à Quillant prendre la D118 jusqu’à Couiza ensuite prendre la D613

Description

Tour logis à gauche, et donjon à droite, un des plus beaux de France, en grès doré, 13 mètres sur 12,50, 21 mètres de hauteur avec quatre niveaux dont les deux du bas sont voûtés d'ogives. Sur chaque face deux archères à étrier au rez-de-chaussée et quatre autres archères à bêché (élargies à la base) aux étages. Sur chacune des tourelles s'ouvrent cinq archères à bêché. Le donjon est un chef d'oeuvre d'art gothique

A 500m du village, le château est situé en plaine sur les bord du Rialses et fut donné en 1231 par Montfort à un de ses lieutenant Pierre de Voisins. Il se compose d'une enceinte quadrangulaire qui entoure un donjon carré central de 11 mètres de côté et de 24 mètres de haut flanqué aux quatres coins de tourelles d'angles. L'enceinte presque carrée de 55 mètres sur 51 est percée d'une porte en arcade ogivale (arc brisé) munie d'un mâchicoulis (assommoir) ornée au sommet d'une clef (pierre de voûte) aux armes des Voisins et est agrémentée en son angle Sud-Ouest d'une tour logis du XIVe. Le château, postérieur à la croisade, fut construit en 1284 par Gilles des Voisins et son fils Gilles II dit Gilet à la demande de Simon de Montfort qui lui confiait le soin de garder cette partie du Razès après la croisade albigeoise. Il s'agissait de contrôler les voies de la transhumance que suivaient les cathares et qui arrivaient aux Corbières et au pays cathare à travers les Pyrénées car la propagande cathare disait-on prenait le trajet des moutons. La construction s'orne de belles fenêtres, de belles voûtes et de belles cheminées. Il était appelé à constituer plus une plaisante résidence aristocratique qu'une place militaire. La famille s'éteignit avec Françoise de Voisins qui épousa en 1518 le vicomte de Joyeuse. Le château fut délaissé au profit de Couiza et fut vendu comme bien national sous la révolution. Le château donjon et ce qui demeure de l'enceinte ont été restaurés et se visitent.

Renseignements

Musée 04.68.69.82.87

château 04.68.69.84.77

Visite: visite d'une heure, la tour logis du Sud-Est et le donjon carré central

Horaires Château

Avril/Oct. 10h-17h Mai/Juin/Sept. 10h30-18h30 Juil./Août 10h-19h

Mars/Nov. 10h-17h30

Tarif : 3-4 euros

 

LE CHÂTEAU DE VILLEROUGE TERMENES XIII-XIVe (Aude)

A l'intérieur du château, une très originale visite guidée audiovisuelle explique le catharisme à travers la vie de Bélibaste. Tous les deux ans, les années paires, grand festival organisé par les habitants en costumes de l'époque médiévale. Renseignements au 04.68.70.06.24

Accès :    Poursuivre sa route sur la D613

Description

Situé au cœur du village médiéval, sa masse impose le respect. Il a appartenu aux archevêques de Narbonne de 1110 à 1789, qui possédaient également tous les villages des environs. L'archevêque confiait à un bayle (ou Bailli) la perception de la dîme et Villerouge était centre de Baylerie. La citadelle construite au XIIIème marque le souci de l'église de mieux se défendre et de mieux conserver ses biens. Le village est lié au catharisme finissant car c'est ici que fut brûlé, en 1321, Guihem Bélibaste, dernier parfait cathare, né non loin de là, à Cubières, vers 1280 et qui mena une vie errante, tuant un berger qui voulait le dénoncer au bayle pour catharisme. Initié, Bélibaste fut arrêté mais s'évada de sa prison de Carcassonne, vécut avec une femme contre les règles des parfaits. Trahi et capturé, il fut remis, à la suite d'un procès, à son seigneur temporel, l'archevêque de Narbonne, Bernard de Farges qui le fit brûler vif à Villerouge en 1321. Son souvenir est l'objet d'évocations historiques. Le corps du château abrite une exposition permanente divisée en trois registres. Au rez-de-chaussée, Bélibaste ; au 1er étage, l'archevêque de Narbonne et au deuxième étage le château et son village. Courant 97 une rôtisserie médiévale a ouvert ses portes dans l'enceinte du château et propose de véritables mets du Moyen-Âge au public. Au rez-de-chaussée, se situe une salle de vente de plats cuisinés et la salle de restauration. A l'étage une salle de banquets peut accueillir 150 couverts. Des spectacles médiévaux y sont organisés périodiquement.

La Rôtisserie

Installée dans les anciennes écuries du château, on y sert des plats préparés à partir de recettes du XIVe. Le repas débute par un apéritif, une entrée et une viande rôtie servie avec une demi-galette de pain que l'on mange avec les doigts. Le dessert est accompagné d'un verre d'hypocras. Le service est assuré en costume du Moyen-Âge. Menu à 23 euros environ , réservation conseillée au 04.68.70.06.06.

Renseignements

bureau 04.68.79.04.89

accueil 04.68.70.09.11

Visite du chateau : visite d'une heure, la tour logis du Sud-Est et le donjon carré central

Horaires de visite du château: Avril/Mai/Juin/Sept. et du 1 au 15 Oct. Tlj 10h-18h

Juil./Août Tlj 9h30-19h30  Fév./Mars/15 au 30  Oct/Nov./Déc. w-end et certains jours fériés 10h-17h

Fermeture annuelle tout le mois de janvier.

Tarif : 3-4 euros

 

LES SOURCES DE LA DOCTRINE CATHARE (XIème Siècle)

Contre-église organisée

Le catharisme, apparu au XIe siècle s'est rapidement répandu au XIIIe. Après avoir gagné les milieux populaires, il s'est rapidement étendu aux élites sociales, cadres de la société et noblesse. C'est un mouvement organisé. En 1167, se tient un concile à Saint-Félix-de-Lauragais où aurait siégé Nicétas, évêque hérétique de Constantinople. Si en 1215 le IVe concile de Latran le condamne, on dénombre encore en 1250, 5 évêques cathares en France : Toulouse, Albi, Carcassonne, Agen et le Razès mais aussi 6 en Italie dont Florence et 6 en Orient.

Une hérésie parmi d'autres

Les origines du catharisme se perdent dans un labyrinthe d'influences orientales complexes et lointaines, qui se propagèrent aux XIe et XIIe et s'installèrent solidement en Languedoc en 1160. Si le catharisme a autant de secrets on le doit aux parfaits qui formaient le "clergé cathare" et protégeaient avec soin leurs documents. On constate plusieurs variantes de ce mouvement, en Bulgarie, en Grèce, en Italie en Catalogne mais aussi en Rhénanie où il ne dépasse pas le stade de l'implantation. C'est donc au sein du monde occidental et surtout autour des rivages méditerranéens que cette religion a connu une certaine vitalité.

L'idéologie cathare

Les cathares théorisent l'existence d'un principe "mauvais" à l'origine du monde matériel. Au Dieu bon qui règne sur le monde spirituel, s'oppose le monde matériel gouverné par Satan. L'homme n'est qu'un esprit enfermé dans la matière par la ruse du Malin. Les cathares veulent libérer l'homme de la matière et lui rendre sa pureté divine. Avec le "consolament", les cathares sont ramenés à la lumière.

Une hérésie explosive

C'est le rejet des principes chrétiens (rachat du mal par l'envoi du Christ sur terre, rejet des sacrements) qui amènera à sa condamnation. Pour les cathares le corps du Christ a été créé par le Diable et le clergé chrétien ne pratique qu'une catéchèse de peur sur l'idée que faute de pardon l'enfer est au bout de la vie. Le cathare est sûr de retrouver le monde du Bon s'il adhère à la foi cathare.

L'origine du mot cathare

On donne traditionnellement deux origines à cette dénomination, l'une grecque "catharos" signifiant "pur" (catharsis=purification), une autre latine "cattus", le chat désignait de façon péjorative les hérétiques, adorateurs du chat. Albigeois est le nom qui les désigne au départ, leurs adeptes ayant trouvé refuge à Albi ou simplement parce qu'à Albi le peuple sauva quelques hérétiques du bûcher. Les catholiques et l'Inquisition utilisaient le terme générique d'hérétique (hérésie vient du grec hairesis= choix). Les cathares s'appelaient entre-eux apôtres, chrétiens ou chrétiennes et leurs fidèles les qualifiaient de "bons-chrétiens" ou de "bons-hommes" ou de "bonnes-chrétiennes" ou de "bonnes-femmes" (la religion cathare donnait un rôle identique à la femme et à l'homme pour l'exercice des prédications et l'accomplissement des rites). Ni les prêtres ni les religieux chrétiens n'utilisaient le terme "cathare".

  LA DOCTRINE CATHARE (XI-XIIIe Siècle)

On définit les cathares comme des chrétiens dualistes. Ils n'avaient pas de lieu de culte, peu de sacrements et niaient l'eucharistie. On définit cette église hérétique comme un christianisme médiéval dans lequel, le clergé, les bons-hommes rejetaient le Pape de Rome, symbole du mal qui persécute et excommunie.

L'incarnation du Christ

L'essentiel de la différence avec les catholiques réside dans le refus de l'incarnation du Christ, de sa réalité charnelle, de sa passion et de sa résurrection en quelque sorte "matérielle". En essayant de traduire la relation concrète de ces événements par le concept de "bonne nouvelle", les cathares ne font que déplacer le problème sur le plan "symbolique". Si l'enseignement et les rites de l'église catholique reposent sur le sacrifice rédempteur de Jésus, les Cathares lisent autrement les écritures et pour eux le Christ est venu délivrer un message, offrir aux hommes la clef de leur salut. De nature divine il ne s'est pas incarné mais n'a pris que l'apparence humaine. Dieu n'aurait pas permis qu'il subît l'affreux supplice de la croix. Les tortionnaires du Golgotha n'ont crucifié qu'une ombre. Il n'y a donc pas eu rédemption mais appel. Jésus est venu tirer les âmes déchues de leur sommeil et leur proposer un modèle de vie. Il a attisé les étincelles divines enfouies dans le corps de chacun. La fin du monde ne sera pas catastrophique mais aura lieu progressivement avec le départ des âmes sauvées ; Satan restant seul dans son néant.

Une réponse au problème du mal

Les bons-hommes cherchent à donner une réponse au problème majeur de la théologie chrétienne : l'existence du mal. Impossible pour eux de croire que le Dieu chrétien soit à l'origine du mal et ils refusent la solution catholique du libre arbitre, supposant une intention maligne de Dieu qui laisseraient ses créatures choisir entre le bien et le mal. Puisque Dieu est parfait et qu'il est le créateur de toute chose, comment a-t-il pu créer le mal ? Pour certains dualistes dit mitigés, le Dieu bon est supérieur au Dieu mauvais et le mal n'est que la création d'un ange rebelle, déchu, tombé du ciel, Lucifer (voir l'excellent livre de D'Ormesson, l'archange Gabriel). Lucifer est le seul auteur de la création du mal. Pour d'autres, les dualistes absolus, le bien et le mal sont sur le même pied d'égalité et c'est la réalité seulement qui est une création satanique. Les hommes qui peuplent la terre sont donc des damnés qui se reproduisent. Cette deuxième conception se retrouve chez les cathares qui dénonceront la procréation pour obtenir l'extinction du monde. Les cathares furent considérés comme des manichéens à cause de leur credo dualiste.

Le salut

En persécutant et excommuniant, l'église catholique est complice et productrice de mal. La doctrine cathare est finalement plus optimiste que l'église romaine qui juge qu'un enfer éternel attend les pécheurs. L'église des bons-hommes croit au salut des âmes, assuré pour chacun, qui se purifie au fil de ses vies successives.

Dissidents plutôt qu'hérétiques

Les cathares sont incontestablement des chrétiens mais des chrétiens dissidents, critiques. S'ils ne vénèrent pas la croix, s'ils prêchent, par l'exemple, la pratique des préceptes évangéliques, s'ils refusent des sacrements catholiques, les cathares reprennent des éléments de la théologie dominante et font constamment référence à des écritures reconnues par l'église romaine : les Évangiles. Les causes de leur persécution sont peut-être à rechercher ailleurs que dans leur doctrine.

Pierre Authié intérogé par l'inquisition en 1300 :

 

" Dieux ne fait pas de beaux blés et n'en a cure, c'est le fumier qu'on met

dans la terre qui les fait....."

MONTSEGUR LA FIN DES CATHARES, LE TRÉSOR (1244)

Le traité de Paris 1229

Le traité de Paris plaçait évidemment les autorités religieuses dans une position de force pour extirper l'hérésie cathare. Très vite, à partir ce cette époque, on assiste à l'exécution des fidèles cathares. Montségur, vassal du comté de Foix, se trouve à l'Est de Foix et au Sud-Ouest de Carcassonne dans le pays d'Olmes. Ce site est indissociable de Simon de Péreille qui en 1204 restaura l'une se ses dépendances.

Montségur refuge de faydits

C'est à Montségur que de nombreux Faydits, seigneurs sans fief, dépossédés pour la plupart par Simon de Montfort entre 1209 et 1210 viendront s'y retrancher. Le concile de Latran de 1215 mentionne déjà Montségur comme le repère des hérétiques cathares. De nombreux croyants se rendent, en effet, à Montségur pour y recevoir le consolement.

L'assassinat d'Avignonet

Le 28 avril 1242 deux inquisiteurs qui passent la nuit à Avignonet au Nord-Ouest de Castelnaudary sont massacrés par des chevaliers faydits descendus, dans cette intention, de Montségur.

La réaction des croisés

La réaction des croisés sera immédiate mais elle se heurtera à une solide résistance. Le siège va durer 9 mois. Les combattants à Montségur ne sont à peine qu'une centaine d'homme mais ils bénéficient de l'appui des populations voisines qui les approvisionnent depuis Péreille ou Fanjeau. Les croisés ne peuvent installer de catapultes dans ce relief très incliné et inaccessible. En novembre les forces royales réussissent à installer une catapulte sur une terrasse. Tout va s'accélérer à la fin de l'hiver et en février 1244, après 9 mois de siège, Montségur de décide à capituler après avoir obtenu un sursis de 15 jours pour permettre à chacun de réfléchir et d'abjurer sa foi cathar