ESCAPADE EN PAYS
CATHARE
Je vous propose un circuit
sur deux jours pour
visiter quelques chateaux
cathares et découvrir des
sites exceptionnels où le
poids de l'histoire et la
beauté des paysages ne
vous laisseront pas
indifférents.
……………..Premier
Jour…………………
L’ABBAYE DE FONTFROIDE
XIe-XIVe
Depuis l'autoroute A9,
sortie 39 Narbonne Sud
(indiqué), depuis A61
sortir à
Lézignan-Corbières.
A 12 Km Sud-Ouest de
Narbonne, au cœur du
Narbonnais entre Narbonne
et Lézignan-Corbières.
Accès par Narbonne,
D613
Visite d'une
heure
Renseignements
utiles
Juillet/Août 9h30-18h
-
Avril/Mai/Juin/Sept./Oct.
10h-12h15 et 13h45-17h30 -
Nov./Déc./Janv./Fév./Mars
10h-12h et
14h-16h
La visite commence dans la
cour d'honneur puis le
réfectoire, la cour Louis
XIV, le cloître, l'église,
la salle capitulaire, le
dortoir, le
cellier.
Un seul
conseil
: ne pas arriver trop tard
car les visites sont
guidées et le nombre est
limité dans la matinée.
Il faut compter
environ 1h30 de visite
avec un guide très
compétant.
Tarifs :
Individuels :
6,75€ Enfants 7-15
ans 3€ Etudiants
16-25 ans 5€ En
groupe (20)
5,50€
Renseignements
04.68.45.11.08 Fax :
04.68.45.18.31
Magnifique librairie à
l'accueil sur les
cathares, les abbayes, les
châteaux. Accueil très
sympathique. Paiement par
CB accepté. Parking
gratuit à l'entrée, vaste
et bien
ombragé.
Descriptif
L'abbaye de Fontfroide,
d'abord bénédictine puis
cistercienne,fut fondée au
XIème siècle dans un lieu
solitaire. Nichée au
milieu des cyprès, aux
belles tonalités ocre et
rose du grès des
corbières, elle crée au
soleil couchant une
atmosphère de sérénité.
Elle s'affilie à l'ordre
de Cîteaux au milieu du
XIIe (1145) et connaît un
rayonnement important. Le
légat du pape Pierre de
Castelnau dont
l'assassinat en 1208 fut à
l'origine de la croisade
contre le albigeois y fut
nommé archidiacre en 1197.
Durant la croisade, elle
s'affirme comme le bastion
de l'orthodoxie catholique
face au catharisme qu'elle
combat activement et
accroît ses possessions
par confiscation des biens
aux cathares. Un de ses
abbés fut élu pape sous le
nom de Benoît XII
(1334-1342). A partir du
XIVe son déclin s'amorce,
en 1791 elle est mise en
adjudication. Le renouveau
commence au XIXe En 1908
on restaure les bâtiments
pour la plupart construit
aux XII et
XIIIe.
On ne manquera pas
d’admirer le cloitre qui
date du XIII siécle et qui
se trouve dans état de
conservation
exceptionnel.
L'abbaye est propriété
privée depuis 1908. La
roseraie contient plus de
3000
rosiers.
(pas trop top la roseraie
par manque d’entretien
)
LE CHÂTEAU DE QUERIBUS
XIIe-XIVe
(AUDE)
Accès
: à partir de
Fontfroide prendre la D613
ensuite la D611 (Thezan
des corbières) poursuivre
cette départemental
jusqu'à Tuchan. Là
prendre la direction
Cucugnan , prendre ensuite
la D613
Description
Le château, bâti sur un
impressionnant piton
rocheux (728m), est le
dernier îlot de résistance
de la croisade contre les
Albigeois (1255). Avec son
donjon polygonal de deux
étages, la salle
inférieure et la haute
salle gothique voûtée
d'ogives retombant sur un
puissant pilier circulaire
excentré s'épanouissant en
"palmier", ses
fortifications en chicanes
(intenables par grand
vent) et ses escaliers
suspendus, la forteresse
semble prolonger le rocher
sur lequel elle se perche.
Comme des tours sarrasines
surveillant l'horizon.
Quéribus constitue, avec
Puilaurens, Peyrepertuse
et Aguilar, des sites
frontières de défense de
la frontière
franco-aragonaise
The Château est l’un des
plus petit en taille mais
il a un coté magique
indéniable.
La vue est absolument
splendide et par jour de
grand vent c’est carrément
le délire ! !
!
Renseignements
04.68.45.03.69
Visite
Château, Visite d'une
heure, la tour logis du
sud-est et le donjon carré
central
Horaires
Château Avril/Oct.
10h-18h
Mai/Juin/Sept.
10h-19h Juil./Août
9h-20h
Fév./Mars/Nov./Déc.
10h-18h
Tarif : 3-4
euros
LE CHÂTEAU DE PEYREPERTUSE
(AUDE)
Accès
: le château est situé sur
la D14 sur la commune de
Duilhac-sous-Peyrepertuse
Description
C’est un château qui se
mérite. On arrive en fin
de journée pour effectuer
sa visite et le chemin qui
mène au sommet est
relativement long . Le
jour commence à décliner
et la morsure du
vent se fait
sentir.
Votre peine sera largement
récompensée une fois
arrivé au sommet car la
vue est vertigineuse. On a
davantage la sensation
d’être à la barre d’un
bateau qui va s’échouer
sur des nuages flamboyants
d’une fin de
journée que dans un
château du Moyen âge.
L’histoire est
pourtant là
palpable, on pourrait
presque entendre le
cliquetis des armes
lorsqu’on gravit les
marches usées par les pas
et les ans.
Niché sur un éperon
rocheux, avec son donjon
et sa double enceinte (2,5
Km de rempart),
Peyrepertuse qui signifie
pierre percée, domine le
village de
Rouffiac-des-Corbières et
constitue l'un des
ensembles les plus aboutis
de l'architecture
médiévale. La vue porte
sur les Corbières et le
Fenouillèdes, jusqu'à la
mer. Lorsqu'il arrive au
col de Grès (GR 36 accès
direct au château mais
pente forte), le promeneur
est saisi par l'étrave
d'un navire échoué au
milieu des rocs.
Peyrepertuse appartient à
la lignée des "cinq fils
de Carcassonne". Dans les
enceintes deux
forteresses, le vieux
donjon du XIème et le
château de San-Jordy,
l'église Ste-Marie,
l'escalier St-Louis dans
le roc, et de nombreuses
maisons édifiées sous
l’autorité de roi de
France, après 1250.
Peyrepertuse n’a que peu
souffert de la croisade
contre les albigeois, son
seigneur Guilhem de
Peyrepertuse s'étant
soumis à Simon de Monfort
devenu duc de Narbonne en
1217. La citadelle ne sera
jamais assiégée au cours
des années qui suivent son
rattachement au royaume de
France et malgré le traité
des Pyrénées de 1659 qui
repousse la frontière,
Peyrepertuse continuera
d'abriter une garnison
jusqu'à la révolution de
1789.
Visite
Le château bas, est le
château féodal et occupe
le promontoire effilé en
proue. La cour basse qui
épouse l'éperon
triangulaire est bordée du
donjon vieux qui fut
complété par une chapelle
fortifiée. Une enceinte
médiane permet d'accéder
au château St-Georges,
forteresse royale, doté
d'un imposant escalier
taillé dans le
roc.
Ici enceinte basse et
éperon rocheux et sur la
droite le logis avec ses
aménagements éviers,
latrines et poternes). Le
château comporte deux
enceintes et enserre dans
ses remparts plus d'un
hectare de bâtiments en
ruine, logis, chapelles
(Sant-Jordi-St-Georges en
langue d'Oc, Ste marie
édifice roman voûté en cul
de four) et salles de
garnison.
Visite du
château
Château de Peyrepertuse
tél. 04 68 45 03
26
juil.-août de 9h à 20h
mai, juin, sept.
10h-19h autres mois
10h-18h fermé en
janvier
entrée 3 euros
environ
Se munir de bonnes
chaussures
……………..Deuxième
Jour…………………
LE CHÂTEAU DE PUILAURENS
(XI-XIIIe)
(AUDE)
Accès
: reprendre la D117 en
direction de
Quillan
Effectuer la visite le
matin pas trop tard si
vous désirez bénéficier de
l’ambiance de ce château
qui a gardé ses murs
d’enceintes et certaines
constructions centrales en
très bons états. A la
montée vous pouvez
observer le système de
défense ainsi que la
série de portes qui
permettait de garder
l’entrée du château.
Impressionnant
!
Double enceinte crénelée
au sommet d'un site
forestier sur les
contreforts des Pyrénées,
le château est tombé entre
les mains du roi de France
en 1250 et fortifié. Site
vertigineux, accès en
chicane, panorama sur la
vallée de la Boulzane et
les villages. La courtine
est un mur de rempart
joignant deux bastions
voisins.
Description
Depuis son piédestal haut
de 697 mètres, la
forteresse de
Lapradelle-Puilaurens
verrouillait l'une des
portes du Fenouillèdes, à
la limite de la Catalogne
et du Languedoc. Durant la
croisade contre les
albigeois elle accueillit
de nombreuses
personnalités cathares
mais ne tomba jamais entre
les mains de Simon de
Montfort. Guillaume de
Peyrepetusse y aurait même
séjourné. Il s'agit d'un
donjon modifié et agrandi
du XIe au XIIIe siècle,
entouré par une enceinte
crénelée à quatre tours.
On atteint la porte
principale par une rampe
coupée de chicanes pour
déboucher dans une sorte
de réduit percé de
meurtrières obliques
convergeant vers l'entrée.
La cour est entourée de
courtines crénelées où
court le chemin de ronde.
En retournant vers
l'entrée on accède à
l'enceinte du donjon ou
subsiste les vestiges du
donjon carré, la tour dite
Dame Blanche et des
mâchicoulis aménagés dans
la courtine. Du château
fortifié par Saint-Louis
qui hébergea une garnison
on retrouve la trace des
magasins et des
habitations. Puilaurens
est l’image la plus
accomplie de ces nids
d’aigles, impressionnants
par leur puissance
défensive et beaux par
leur équilibre
architectural.
Renseignements
Musée
04.68.69.82.87
château
04.68.69.84.77
Visite: visite d'une heure
qui commence par un
sentier
botanique
Horaires Oct. 10h-17h
Avril/Mai/Juin/Sept.
10h-18h Juil./Août
9h-20h
Fév./Mars/Nov./Déc. w-end
et vacances 10h-17h
Janvier
fermeture
Tarif : 3,5
euros
LE CHÂTEAU D'ARQUES
(AUDE)
Tour logis à gauche, et
donjon à droite, un des
plus beaux de France, en
grès doré, 13 mètres sur
12,50, 21 mètres de
hauteur avec quatre
niveaux dont les deux du
bas sont voûtés d'ogives.
Sur chaque face deux
archères à étrier au
rez-de-chaussée et quatre
autres archères à bêché
(élargies à la base) aux
étages. Sur chacune des
tourelles s'ouvrent cinq
archères à bêché. Le
donjon est un chef
d'oeuvre d'art
gothique.
Accès
: à Quillant prendre
la D118 jusqu’à Couiza
ensuite prendre la
D613
Description
Tour logis à gauche, et
donjon à droite, un des
plus beaux de France, en
grès doré, 13 mètres sur
12,50, 21 mètres de
hauteur avec quatre
niveaux dont les deux du
bas sont voûtés d'ogives.
Sur chaque face deux
archères à étrier au
rez-de-chaussée et quatre
autres archères à bêché
(élargies à la base) aux
étages. Sur chacune des
tourelles s'ouvrent cinq
archères à bêché. Le
donjon est un chef
d'oeuvre d'art
gothique
A 500m du village, le
château est situé en
plaine sur les bord du
Rialses et fut donné en
1231 par Montfort à un de
ses lieutenant Pierre de
Voisins. Il se compose
d'une enceinte
quadrangulaire qui entoure
un donjon carré central de
11 mètres de côté et de 24
mètres de haut flanqué aux
quatres coins de tourelles
d'angles. L'enceinte
presque carrée de 55
mètres sur 51 est percée
d'une porte en arcade
ogivale (arc brisé) munie
d'un mâchicoulis
(assommoir) ornée au
sommet d'une clef (pierre
de voûte) aux armes des
Voisins et est agrémentée
en son angle Sud-Ouest
d'une tour logis du XIVe.
Le château, postérieur à
la croisade, fut construit
en 1284 par Gilles des
Voisins et son fils Gilles
II dit Gilet à la demande
de Simon de Montfort qui
lui confiait le soin de
garder cette partie du
Razès après la croisade
albigeoise. Il s'agissait
de contrôler les voies de
la transhumance que
suivaient les cathares et
qui arrivaient aux
Corbières et au pays
cathare à travers les
Pyrénées car la propagande
cathare disait-on prenait
le trajet des moutons. La
construction s'orne de
belles fenêtres, de belles
voûtes et de belles
cheminées. Il était appelé
à constituer plus une
plaisante résidence
aristocratique qu'une
place militaire. La
famille s'éteignit avec
Françoise de Voisins qui
épousa en 1518 le vicomte
de Joyeuse. Le château fut
délaissé au profit de
Couiza et fut vendu comme
bien national sous la
révolution. Le château
donjon et ce qui demeure
de l'enceinte ont été
restaurés et se
visitent.
Renseignements
Musée
04.68.69.82.87
château
04.68.69.84.77
Visite: visite d'une
heure, la tour logis du
Sud-Est et le donjon carré
central
Horaires
Château
Avril/Oct. 10h-17h
Mai/Juin/Sept. 10h30-18h30
Juil./Août
10h-19h
Mars/Nov.
10h-17h30
Tarif : 3-4
euros
LE CHÂTEAU DE VILLEROUGE
TERMENES XIII-XIVe
(Aude)
A l'intérieur du château,
une très originale visite
guidée audiovisuelle
explique le catharisme à
travers la vie de
Bélibaste. Tous les deux
ans, les années paires,
grand festival organisé
par les habitants en
costumes de l'époque
médiévale. Renseignements
au
04.68.70.06.24
Accès
:
Poursuivre sa route sur la
D613
Description
Situé au cœur du village
médiéval, sa masse impose
le respect. Il a appartenu
aux archevêques de
Narbonne de 1110 à 1789,
qui possédaient également
tous les villages des
environs. L'archevêque
confiait à un bayle (ou
Bailli) la perception de
la dîme et Villerouge
était centre de Baylerie.
La citadelle construite au
XIIIème marque le souci de
l'église de mieux se
défendre et de mieux
conserver ses biens. Le
village est lié au
catharisme finissant car
c'est ici que fut brûlé,
en 1321, Guihem Bélibaste,
dernier parfait cathare,
né non loin de là, à
Cubières, vers 1280 et qui
mena une vie errante,
tuant un berger qui
voulait le dénoncer au
bayle pour catharisme.
Initié, Bélibaste fut
arrêté mais s'évada de sa
prison de Carcassonne,
vécut avec une femme
contre les règles des
parfaits. Trahi et
capturé, il fut remis, à
la suite d'un procès, à
son seigneur temporel,
l'archevêque de Narbonne,
Bernard de Farges qui le
fit brûler vif à
Villerouge en 1321. Son
souvenir est l'objet
d'évocations historiques.
Le corps du château abrite
une exposition permanente
divisée en trois
registres. Au
rez-de-chaussée, Bélibaste
; au 1er étage,
l'archevêque de Narbonne
et au deuxième étage le
château et son village.
Courant 97 une rôtisserie
médiévale a ouvert ses
portes dans l'enceinte du
château et propose de
véritables mets du
Moyen-Âge au public. Au
rez-de-chaussée, se situe
une salle de vente de
plats cuisinés et la salle
de restauration. A l'étage
une salle de banquets peut
accueillir 150 couverts.
Des spectacles médiévaux y
sont organisés
périodiquement.
La
Rôtisserie
Installée dans les
anciennes écuries du
château, on y sert des
plats préparés à partir de
recettes du XIVe. Le repas
débute par un apéritif,
une entrée et une viande
rôtie servie avec une
demi-galette de pain que
l'on mange avec les
doigts. Le dessert est
accompagné d'un verre
d'hypocras. Le service est
assuré en costume du
Moyen-Âge. Menu à 23 euros
environ , réservation
conseillée au
04.68.70.06.06.
Renseignements
bureau
04.68.79.04.89
accueil
04.68.70.09.11
Visite du chateau : visite
d'une heure, la tour logis
du Sud-Est et le donjon
carré
central
Horaires de visite du
château:
Avril/Mai/Juin/Sept. et du
1 au 15 Oct. Tlj
10h-18h
Juil./Août Tlj 9h30-19h30
Fév./Mars/15 au 30
Oct/Nov./Déc. w-end
et certains jours fériés
10h-17h
Fermeture annuelle tout le
mois de
janvier.
Tarif : 3-4
euros
LES SOURCES DE LA DOCTRINE
CATHARE (XIème
Siècle)
Contre-église
organisée
Le catharisme, apparu au
XIe siècle s'est
rapidement répandu au
XIIIe. Après avoir gagné
les milieux populaires, il
s'est rapidement étendu
aux élites sociales,
cadres de la société et
noblesse. C'est un
mouvement organisé. En
1167, se tient un concile
à Saint-Félix-de-Lauragais
où aurait siégé Nicétas,
évêque hérétique de
Constantinople. Si en 1215
le IVe concile de Latran
le condamne, on dénombre
encore en 1250, 5 évêques
cathares en France :
Toulouse, Albi,
Carcassonne, Agen et le
Razès mais aussi 6 en
Italie dont Florence et 6
en Orient.
Une hérésie parmi
d'autres
Les origines du catharisme
se perdent dans un
labyrinthe d'influences
orientales complexes et
lointaines, qui se
propagèrent aux XIe et
XIIe et s'installèrent
solidement en Languedoc en
1160. Si le catharisme a
autant de secrets on le
doit aux parfaits qui
formaient le "clergé
cathare" et protégeaient
avec soin leurs documents.
On constate plusieurs
variantes de ce mouvement,
en Bulgarie, en Grèce, en
Italie en Catalogne mais
aussi en Rhénanie où il ne
dépasse pas le stade de
l'implantation. C'est donc
au sein du monde
occidental et surtout
autour des rivages
méditerranéens que cette
religion a connu une
certaine
vitalité.
L'idéologie
cathare
Les cathares théorisent
l'existence d'un principe
"mauvais" à l'origine du
monde matériel. Au Dieu
bon qui règne sur le monde
spirituel, s'oppose le
monde matériel gouverné
par Satan. L'homme n'est
qu'un esprit enfermé dans
la matière par la ruse du
Malin. Les cathares
veulent libérer l'homme de
la matière et lui rendre
sa pureté divine. Avec le
"consolament", les
cathares sont ramenés à la
lumière.
Une hérésie
explosive
C'est le rejet des
principes chrétiens
(rachat du mal par l'envoi
du Christ sur terre, rejet
des sacrements) qui
amènera à sa condamnation.
Pour les cathares le corps
du Christ a été créé par
le Diable et le clergé
chrétien ne pratique
qu'une catéchèse de peur
sur l'idée que faute de
pardon l'enfer est au bout
de la vie. Le cathare est
sûr de retrouver le monde
du Bon s'il adhère à la
foi cathare.
L'origine du mot
cathare
On donne
traditionnellement deux
origines à cette
dénomination, l'une
grecque "catharos"
signifiant "pur"
(catharsis=purification),
une autre latine "cattus",
le chat désignait de façon
péjorative les hérétiques,
adorateurs du chat.
Albigeois est le nom qui
les désigne au départ,
leurs adeptes ayant trouvé
refuge à Albi ou
simplement parce qu'à Albi
le peuple sauva quelques
hérétiques du bûcher. Les
catholiques et
l'Inquisition utilisaient
le terme générique
d'hérétique (hérésie vient
du grec hairesis= choix).
Les cathares s'appelaient
entre-eux apôtres,
chrétiens ou chrétiennes
et leurs fidèles les
qualifiaient de
"bons-chrétiens" ou de
"bons-hommes" ou de
"bonnes-chrétiennes" ou de
"bonnes-femmes" (la
religion cathare donnait
un rôle identique à la
femme et à l'homme pour
l'exercice des
prédications et
l'accomplissement des
rites). Ni les prêtres ni
les religieux chrétiens
n'utilisaient le terme
"cathare".
LA DOCTRINE CATHARE
(XI-XIIIe
Siècle)
On définit les cathares
comme des chrétiens
dualistes. Ils n'avaient
pas de lieu de culte, peu
de sacrements et niaient
l'eucharistie. On définit
cette église hérétique
comme un christianisme
médiéval dans lequel, le
clergé, les bons-hommes
rejetaient le Pape de
Rome, symbole du mal qui
persécute et
excommunie.
L'incarnation du
Christ
L'essentiel de la
différence avec les
catholiques réside dans le
refus de l'incarnation du
Christ, de sa réalité
charnelle, de sa passion
et de sa résurrection en
quelque sorte
"matérielle". En essayant
de traduire la relation
concrète de ces événements
par le concept de "bonne
nouvelle", les cathares ne
font que déplacer le
problème sur le plan
"symbolique". Si
l'enseignement et les
rites de l'église
catholique reposent sur le
sacrifice rédempteur de
Jésus, les Cathares lisent
autrement les écritures et
pour eux le Christ est
venu délivrer un message,
offrir aux hommes la clef
de leur salut. De nature
divine il ne s'est pas
incarné mais n'a pris que
l'apparence humaine. Dieu
n'aurait pas permis qu'il
subît l'affreux supplice
de la croix. Les
tortionnaires du Golgotha
n'ont crucifié qu'une
ombre. Il n'y a donc pas
eu rédemption mais appel.
Jésus est venu tirer les
âmes déchues de leur
sommeil et leur proposer
un modèle de vie. Il a
attisé les étincelles
divines enfouies dans le
corps de chacun. La fin du
monde ne sera pas
catastrophique mais aura
lieu progressivement avec
le départ des âmes sauvées
; Satan restant seul dans
son néant.
Une réponse au problème du
mal
Les bons-hommes cherchent
à donner une réponse au
problème majeur de la
théologie chrétienne :
l'existence du mal.
Impossible pour eux de
croire que le Dieu
chrétien soit à l'origine
du mal et ils refusent la
solution catholique du
libre arbitre, supposant
une intention maligne de
Dieu qui laisseraient ses
créatures choisir entre le
bien et le mal. Puisque
Dieu est parfait et qu'il
est le créateur de toute
chose, comment a-t-il pu
créer le mal ? Pour
certains dualistes dit
mitigés, le Dieu bon est
supérieur au Dieu mauvais
et le mal n'est que la
création d'un ange
rebelle, déchu, tombé du
ciel, Lucifer (voir
l'excellent livre de
D'Ormesson, l'archange
Gabriel). Lucifer est le
seul auteur de la création
du mal. Pour d'autres, les
dualistes absolus, le bien
et le mal sont sur le même
pied d'égalité et c'est la
réalité seulement qui est
une création satanique.
Les hommes qui peuplent la
terre sont donc des damnés
qui se reproduisent. Cette
deuxième conception se
retrouve chez les cathares
qui dénonceront la
procréation pour obtenir
l'extinction du monde. Les
cathares furent considérés
comme des manichéens à
cause de leur credo
dualiste.
Le salut
En persécutant et
excommuniant, l'église
catholique est complice et
productrice de mal. La
doctrine cathare est
finalement plus optimiste
que l'église romaine qui
juge qu'un enfer éternel
attend les pécheurs.
L'église des bons-hommes
croit au salut des âmes,
assuré pour chacun, qui se
purifie au fil de ses vies
successives.
Dissidents plutôt
qu'hérétiques
Les cathares sont
incontestablement des
chrétiens mais des
chrétiens dissidents,
critiques. S'ils ne
vénèrent pas la croix,
s'ils prêchent, par
l'exemple, la pratique des
préceptes évangéliques,
s'ils refusent des
sacrements catholiques,
les cathares reprennent
des éléments de la
théologie dominante et
font constamment référence
à des écritures reconnues
par l'église romaine : les
Évangiles. Les causes de
leur persécution sont
peut-être à rechercher
ailleurs que dans leur
doctrine.
Pierre Authié intérogé par
l'inquisition en 1300
:
" Dieux ne fait pas de
beaux blés et n'en a cure,
c'est le fumier qu'on
met
dans la terre qui les
fait....."
MONTSEGUR LA FIN DES
CATHARES, LE TRÉSOR
(1244)
Le traité de Paris
1229
Le traité de Paris plaçait
évidemment les autorités
religieuses dans une
position de force pour
extirper l'hérésie
cathare. Très vite, à
partir ce cette époque, on
assiste à l'exécution des
fidèles cathares.
Montségur, vassal du comté
de Foix, se trouve à l'Est
de Foix et au Sud-Ouest de
Carcassonne dans le pays
d'Olmes. Ce site est
indissociable de Simon de
Péreille qui en 1204
restaura l'une se ses
dépendances.
Montségur refuge de
faydits
C'est à Montségur que de
nombreux Faydits,
seigneurs sans fief,
dépossédés pour la plupart
par Simon de Montfort
entre 1209 et 1210
viendront s'y retrancher.
Le concile de Latran de
1215 mentionne déjà
Montségur comme le repère
des hérétiques cathares.
De nombreux croyants se
rendent, en effet, à
Montségur pour y recevoir
le
consolement.
L'assassinat
d'Avignonet
Le 28 avril 1242 deux
inquisiteurs qui passent
la nuit à Avignonet au
Nord-Ouest de
Castelnaudary sont
massacrés par des
chevaliers faydits
descendus, dans cette
intention, de
Montségur.
La réaction des
croisés
La réaction des croisés
sera immédiate mais elle
se heurtera à une solide
résistance. Le siège va
durer 9 mois. Les
combattants à Montségur ne
sont à peine qu'une
centaine d'homme mais ils
bénéficient de l'appui des
populations voisines qui
les approvisionnent depuis
Péreille ou Fanjeau. Les
croisés ne peuvent
installer de catapultes
dans ce relief très
incliné et inaccessible.
En novembre les forces
royales réussissent à
installer une catapulte
sur une terrasse. Tout va
s'accélérer à la fin de
l'hiver et en février
1244, après 9 mois de
siège, Montségur de décide
à capituler après avoir
obtenu un sursis de 15
jours pour permettre à
chacun de réfléchir et
d'abjurer sa foi cathar |